Caméra (pas) cachée

Photo : ©A.Delrieu @Wipplay

La série française des années 2000 « Caméra Café » va revenir sur les écrans ! Une caméra fixée à la machine à café et tout un bureau qui défile : chronique comique et grinçante du monde du travail. Dans la vraie vie, ce décor demande un tout autre cadrage, surtout côté employeur. 

La vidéoprotection en entreprise ne s’improvise pas. Selon l’article L.1121-1 du Code du travail, toute mesure de contrôle doit être justifiée par la nature de la tâche et proportionnée à son objectif. Sécuriser un accès sensible, oui ; filmer un salarié en continu, non.

Le décor est donc limité : entrées, sorties, zones à risque. Pas de plan fixe sur les salles de pause, encore moins sur les postes de travail. En 2024, la CNIL a sanctionné une entreprise qui combinait vidéoprotection et captures d’écran des ordinateurs… 

Car en la matière, le respect de la vie privée (article 9 du Code civil) du salarié reste au cœur du scénario. Sur un autre plan, l’article 226-1 du Code pénal punit d’un an d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende la captation sans consentement d’autrui dans un lieu privé.

Avant toute installation, le CSE doit être consulté, les salariés informés, et le RGPD respecté : registre des traitements, durée de conservation limitée, accès sécurisé et, selon les cas, désignation d’un délégué à la protection des données ou DPO. En bref, si la caméra tourne, le droit, lui, garde le dernier mot.


Pour éviter les faux raccords,
ærige vous aide à cadrer vos pratiques.

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