Olé, les règles changent !

Photo : © thieraube © #CurationByWipplay – Instagram @wipplay

Depuis 2023, l’Espagne a décidé de changer les règles… sur les règles. Le pays reconnaît les menstruations incapacitantes comme une situation spécifique d’incapacité temporaire. Une mesure qui ne concerne évidemment pas toutes les femmes, mais celles pour qui certains cycles sont suffisamment douloureux pour les empêcher de travailler normalement. L’Espagne a ainsi souhaité apporter une réponse adaptée à celles qui en ont réellement besoin.

Derrière ce dispositif : une idée assez simple et plutôt moderne, adapter ponctuellement le travail aux réalités de la vie. Car mieux prendre en compte la santé des salariées, c’est aussi leur permettre de revenir travailler dans de meilleures conditions, éviter le présentéisme et faire de la souplesse un véritable outil de management.


À chacune ses règles. Contrairement à ce que l’expression « congé menstruel » pourrait laisser penser, il ne s’agit pas d’un jour de congé offert chaque mois à toutes les salariées espagnoles. Les « menstruations incapacitantes secondaires » sont considérées comme situation spécifique d’incapacité temporaire. Concrètement, l’arrêt doit être constaté par un médecin et sa durée dépend de la situation de la patiente. Aucun quota mensuel ou calendrier préétabli n’est fixé. La Sécurité sociale espagnole verse alors dès le premier jour de l’arrêt (sans carence) une indemnisation.

En France, allons-nous changer les règles ?
En France, il n’existe aujourd’hui aucun congé menstruel généralisé par la loi. Certaines entreprises et collectivités ont néanmoins expérimenté leurs propres dispositifs, avec des modalités variables : jours d’absence spécifiques et aménagements ou mesures destinées notamment aux salariées souffrant d’endométriose. Pas forcément besoin de révolutionner l’open space : télétravail lorsque c’est possible, horaires adaptés, management attentif ou dispositifs spécifiques peuvent déjà faire la différence.

L’Espagne offre donc moins un modèle à copier-coller qu’une piste de réflexion pour les employeurs français. Car derrière la question du congé menstruel se cache peut-être un sujet plus large : comment proposer davantage de flexibilité au bon moment, à celles qui en ont besoin ? Une adaptation ponctuelle pour l’entreprise, mais potentiellement un vrai plus en matière de bien-être, de fidélisation et de qualité de vie au travail. Et sur ce terrain-là, l’Espagne a quelques longueurs d’avance. Olé.

Certaines règles méritent un peu de souplesse.
ærige vous accompagne.

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